Mise à jour – septembre 2026
L’érosion des pales d’éoliennes est un phénomène physique connu : sous l’effet répété de la pluie, de la grêle et des particules présentes dans l’air, les bords d’attaque des pales se dégradent progressivement.
Cette usure, appelée « Leading Edge Erosion » (érosion du bord d’attaque), ne constitue pas seulement un problème de maintenance ou de rendement des machines. Elle pose également une question environnementale : que deviennent les particules et microfibres arrachées aux matériaux composites constituant les pales ?
Depuis plusieurs années, ECEP51 alerte sur cette pollution diffuse potentielle.
En 2026, nous avons décidé d’aller plus loin : après avoir interrogé publiquement la DREAL Grand Est et constaté l’absence de données disponibles auprès des services chargés du contrôle des installations, ECEP51 a officiellement saisi l’ANSES et la DREAL Grand Est.
https://ecep51.fr/wp-content/uploads/2026/09/ECEP51_Saisine_ANSES_erosion_pales.pdf
https://ecep51.fr/wp-content/uploads/2026/09/ECEP51_Courrier_DREAL_erosion_pales.pdf
Des pales constituées de matériaux composites
Une pale d’éolienne n’est évidemment pas constituée d’un matériau inerte et homogène.
Sa fabrication fait appel à différents matériaux composites : résines époxy et polyester, fibres de verre, fibres de carbone, PVC, PET, ainsi qu’à différents revêtements et produits de protection.
À chaque rotation, les extrémités des pales peuvent atteindre des vitesses très élevées. Les impacts répétés de gouttes de pluie, de grêle ou de particules en suspension provoquent progressivement une détérioration du bord d’attaque.
Le phénomène est suffisamment connu de l’industrie éolienne pour faire l’objet de travaux spécifiques sur les matériaux et revêtements destinés à protéger les pales.
Mais une question reste beaucoup moins étudiée : où vont les matériaux qui disparaissent de la pale ?
Ils ne disparaissent évidemment pas physiquement.
Des microparticules et microfibres dispersées dans l’environnement
Les travaux scientifiques que nous avons examinés montrent que l’érosion peut entraîner la libération de microparticules et microfibres issues des matériaux composites des pales.
Les études récentes citées dans notre saisine donnent des estimations comprises entre 8 et 540 grammes de matière érodée par pale et par an, selon les conditions d’exposition et les méthodes d’évaluation.
Ces chiffres sont très éloignés de certaines estimations beaucoup plus importantes qui ont circulé ces dernières années sur Internet. Nous avons donc choisi de retenir dans cette mise à jour les données issues de publications scientifiques récentes, plutôt que les anciennes estimations reprises dans la première version de cet article.
Même avec ces quantités beaucoup plus prudentes, la question mérite d’être étudiée : une éolienne possède trois pales, fonctionne pendant plusieurs décennies et des milliers de machines sont aujourd’hui réparties sur le territoire français.
Il s’agit donc d’une émission diffuse, répétée et cumulative, dont le devenir environnemental doit être documenté.
228 substances potentiellement émises par les parcs éoliens
Une étude internationale menée dans le cadre du projet européen ANEMOI, impliquant notamment l’ILVO, l’Ifremer et le BSH et publiée en 2025, a étudié les substances chimiques susceptibles d’être émises par les parcs éoliens en mer.
Les chercheurs ont identifié 228 substances chimiques potentiellement émises, dont 62 considérées comme préoccupantes pour l’environnement ou la santé.
L’étude prend notamment en considération les émissions provenant des matériaux et revêtements ainsi que les particules liées à l’érosion.
Étude et présentation de l’Ifremer sur les substances potentiellement émises par les parcs éoliens
Cela ne signifie évidemment pas que ces 228 substances sont systématiquement libérées par chaque éolienne terrestre, ni qu’elles se retrouvent toutes dans les sols à proximité des parcs.
Mais ces résultats renforcent une évidence : la question mérite d’être mesurée scientifiquement plutôt que présumée inexistante.

Dans la Marne, nous avons photographié des pales fortement érodées
ECEP51 a documenté directement l’état des pales du parc éolien « Portes de Champagne I », situé à La Forestière / Les Essarts-le-Vicomte, dans la Marne.
Les photographies réalisées depuis une voie librement accessible montrent une érosion très visible des bords d’attaque.
Ces photographies ont été jointes à notre saisine de l’ANSES.



Ces images posent une question extrêmement simple :
où sont passés les matériaux qui constituaient auparavant ces parties de la pale ?
Nous avons posé la question directement à la DREAL Grand Est
Le 2 juin 2026, lors de la Conférence technique de l’éolien organisée par la DREAL Grand Est, ECEP51 a posé publiquement la question de l’érosion des bords d’attaque des pales et de la dispersion des microparticules dans l’environnement.
La réponse obtenue est particulièrement importante.
L’inspecteur des installations classées de la DREAL Grand Est chargé des éoliennes a indiqué ne pas disposer de données sur ce sujet.
L’échange est visible dans le replay officiel de la conférence, vers 1 h 44 min 55 s.
Ici : https://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/conference-technique-de-l-eolien-2026-a23916.html
Cette réponse nous a conduits à poser une autre question :
comment évaluer l’impact environnemental d’une émission que l’on ne mesure pas ?
ECEP51 saisit officiellement l’ANSES
Face à cette absence de données et compte tenu des publications scientifiques disponibles, ECEP51 a adressé le 21 juillet 2026 une demande officielle à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).
Notre réseau demande notamment que soient étudiées cinq questions :
- Quels sont les risques éventuels associés à l’exposition chronique des riverains aux microparticules et microfibres issues de l’érosion des pales ?
- Les sols agricoles situés à proximité des parcs présentent-ils une contamination spécifique pouvant être reliée à cette érosion ?
- Les microfibres de verre ou de carbone peuvent-elles présenter un risque par inhalation pour les riverains et les travailleurs agricoles ?
- Des distances ou des obligations particulières de maintenance devraient-elles être définies pour limiter ces émissions ?
- La réglementation française actuelle applicable aux éoliennes est-elle suffisante sur ce sujet ?
📄 Notre saisine de l’ANSES est publique
Nous considérons qu’un débat environnemental sérieux doit pouvoir s’appuyer sur des documents vérifiables.
Nous publions donc l’intégralité du courrier adressé à l’ANSES, ainsi que les photographies annexées, afin que chacun puisse prendre connaissance précisément de notre démarche.
https://ecep51.fr/wp-content/uploads/2026/09/ECEP51_Courrier_DREAL_erosion_pales.pdf
https://ecep51.fr/wp-content/uploads/2026/09/ECEP51_Courrier_DREAL_erosion_pales.pdf
Le courrier rappelle également qu’une saisine de la DREAL Grand Est a été effectuée simultanément. ECEP51 y indique également engager des démarches en vue de réaliser des analyses de sols indépendantes avec un laboratoire universitaire.
Ce que nous demandons : mesurer avant de conclure
Notre démarche n’est pas d’affirmer que chaque parc éolien provoquerait nécessairement une contamination dangereuse de son environnement.
Elle consiste précisément à demander que la question soit étudiée scientifiquement.
Les pales s’érodent.
Des matériaux sont perdus.
Des particules peuvent être dispersées.
Des milliers d’éoliennes fonctionnent pendant plusieurs décennies au milieu de territoires agricoles et ruraux.
Il paraît donc légitime de déterminer la nature des particules émises, les quantités réellement dispersées, leur distance de transport, leur devenir dans les sols et les eaux et leurs éventuels effets sanitaires ou écotoxicologiques.
Une lacune dans le suivi environnemental
Dans les études d’impact de projets éoliens que nous avons consultées, l’érosion des pales n’est pas spécifiquement évaluée comme source de pollution diffuse.
Notre saisine relève également que l’arrêté du 26 août 2011 encadrant les installations éoliennes soumises à autorisation ne comporte pas de prescription spécifique consacrée à la pollution diffuse résultant de l’érosion des pales.
C’est précisément ce vide que nous souhaitons voir examiné.
Car l’absence de données ne démontre pas l’absence d’impact.
Elle démontre d’abord la nécessité de mesurer.
ECEP51 poursuivra ses démarches
Nous attendons désormais les réponses des organismes saisis.
ECEP51 souhaite notamment obtenir des données indépendantes permettant d’étudier les sols situés à proximité de parcs présentant une érosion visible des pales et, si cela est scientifiquement réalisable, de rechercher une éventuelle signature spécifique des matériaux concernés.
Nous publierons sur cette page les réponses de l’ANSES et de la DREAL Grand Est ainsi que les nouveaux résultats scientifiques disponibles sur ce sujet.
Notre position reste simple :
Développer une technologie énergétique ne dispense jamais d’en mesurer l’ensemble des impacts environnementaux.
Un pale se désintègre dans le Grand Est…
Sur l’Est Républicain : « Après l’accident l’heure est au ramassage fibre par fibre« …..
IFREMER : étude dans la revue Marine Bulletin, coordonnées par l’institut Belge de recherche pour l’agriculture, la pêche et l’alimentation.
Article sur science et Vie
Article sur L’info Durable
Article sur Natural News
Les incendies impossibles à éteindre…
Pourtant la nacelle n’était qu’à 85m de haut (éolienne de 2MW).



Les éoliennes récentes font 6MW et la nacelle est à plus de 100m.

400l pour une éolienne de 2MW, donc plus de 1000l pour les nouvelles éoliennes de 6MW.
Huiles hautement toxiques cela va s’en dire.
Cette pollution se diffuse au gré du vent et retombe dans les champs avoisinants, puis dans notre eau.
Pas de système de sécurité, ou de vidange automatique pour éviter que le volume d’huile ne soit consumé entièrement
Sans compter d’éventuelles fuites le long du mât.
On se renseignera aussi sur les pollutions « externalisées » (Balsa, tête de rotor…).
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